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Grâce aux efforts déployés par le ministère de l'Environnement et du Développement durable et le ministère de l'Agriculture et des Ressources hydrauliques depuis l'année 2002/2003 - caractérisée par des conditions climatiques favorables et l'approvisionnement de l'Ichkeul en eau à partir des barrages - l'équilibre de l'écosystème a été restauré. Le parc d'Ichkeul passe ainsi de la liste du patrimoine mondial menacé de disparition à la liste de patrimoine mondial.
Un site qui compte une variété de plantes
Situé à l'Est du pays, le parc national d'Ichkeul, créé le 18 décembre 1980, se trouve à 75 km de la capitale et à 25 km de la ville de Bizerte. La présence de l'eau et de la montagne dans un même lieu a conféré à ce parc, d'une superficie de près de 12.600 hectares, un aspect pittoresque dont la valeur est reconnue aussi bien au niveau national qu'au niveau international. D'ailleurs, l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la culture et la science (Unesco) a décidé de classer le site, en 1979, sur la liste du patrimoine mondial avant d'être inscrit, une année plus tard, soit en 1980, à la Convention de Ramsar des zones humides.
A lui seul, le lac occupe une superficie - dont la dimension change selon les saisons - de 8.500 hectares d'une profondeur d'un mètre. Ledit lac est ouvert sur la mer Méditerranée et sur le lac de Bizerte à partir de oued Tinja dont la longueur est de 5 km. En plus des étangs, la montagne, dont la superficie est de 1.363 ha, constitue incontestablement un site à découvrir.
Le système hydrique du lac Ichkeul et les étangs environnants offrent aux visiteurs une vue splendide et impressionnante. Au cours des périodes automnale et hivernale, le lac dont le niveau augmente est approvisionné en eau douce à partir de six oueds. Cette eau couvre les étangs et permet de diminuer la salinité de l'eau à 10 grammes le litre à la fin du printemps.
Une variété végétale et animale
Au cours de la saison estivale, le niveau de l'eau du lac diminue - vu l'évaporation et l'arrêt de l'approvisionnement à partir des oueds. De ce fait, le niveau de l'eau du lac diminue pour permettre à l'eau de mer d'envahir le lac Ichkeul à partir du lac de Bizerte et par le biais de oued Tinja. À la fin de l'été, la salinité de l'eau est de plus de 50 grammes le litre.
Le parc national d'Ichkeul se distingue par la diversité végétale et animale, puisque l'on a recensé pas moins de 500 espèces végétales et près de 230 espèces animales. Au lac, de nouveaux types de plantes se développent et constituent une alimentation pour plusieurs espèces d'oiseaux, soit de 100 à 200 mille oiseaux par an qui hibernent dans le parc. Le lac est riche également en poissons. Dans les étangs, les visiteurs trouvent aussi des plantes qui passent pour un aliment recherché par les oiseaux et autres bêtes. La montagne est couverte d'arbres et d'arbustes divers et compte de nombreux animaux dont le sanglier, le lapin sauvage, en plus des insectes, araignées
L'agence nationale de protection de l'environnement (Anpe), sous la tutelle du ministère de l'Environnement et du Développement durable, effectue le suivi scientifique des écosystèmes du lac et des étangs en axant ce suivi sur les facteurs hydroclimatiques, les systèmes hydriques, le développement des plantes aquatiques dans les étangs. Des experts dans le domaine biologique sont mobilisés pour assurer le suivi scientifique réalisé par l'équipe compétente qui se trouve sur place.
Il est question aussi de suivre la croissance des plantes aquatiques dans le lac, de recenser les oiseaux hibernaux et ceux qui nichent dans le parc d'Ichkeul par l'Association des amis des oiseaux. Les résultats du suivi et de l'état de l'environnement dans cette zone sont intégrés dans le rapport annuel dont une copie est adressée à l'Unesco pour effectuer l'opération d'évaluation dans le cadre des réunions périodiques internationales sous l'égide de cette organisation.
Vu l'importance du site riche en données scientifiques, l'écosystème suscite l'intérêt des chercheurs et des étudiants. D'ailleurs, l'Anpe a conclu plusieurs conventions avec des établissements universitaires, et ce, dans le cadre d'un programme de recherche scientifique qui intéresse nombre de sujets liés à l'hydrologie, la biologie et la géologie. Les chercheurs et les étudiants sont encadrés au niveau de la préparation de leur doctorat ou magistère.
Les efforts déployés par le ministère de l'Environnement et du Développement durable et le ministère de l'Agriculture et des Ressources hydrauliques depuis 2002/2003 ont permis, grâce à des conditions climatiques favorables, l'approvisionnement du lac d'Ichkeul en eau à partir des barrages et l'aménagement de l'effluve de Tinja - gérée selon les résultats de suivi de terrain - un rétablissement de l'écosystème du site.
La Presse (Tunis)
1 Octobre 2008
Publié sur le web le 2 Octobre 2008
Chokri Gharbi |